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Vous avez dit infection nosocomiale?
Malgré tous les propos « rassurants » que nous a tenus la direction depuis des années, en affirmant qu’il n’y avait pas d’infections nosocomiales au CHU de Nantes, la triste réalité nous a rattrapés il y a peu de temps.
Et en fait nous n’étions pas dupes, nous le savions bien qu’il y en avait ici comme ailleurs ; le super bouclier protégeant le CHU des méchants germes, c’était comme le nuage radio actif de Tchernobyl qui s’arrête juste à la frontière française…Sur les 800000 infections nosocomiales , responsables d’environ 10000 décès par an, il ne pouvait qu’y en avoir à Nantes !!!
Le problème au CHU de Nantes, c’est que certains (médecins, direction cadres) ont tendance à « prendre les salariés pour des andouilles », et à oublier que tout se sait dans la « grande maison ».
Il en a donc été ainsi pour la contamination qui a eu lieu en Réanimation Médicale début mai 2006.
OMERTA !
Sauf que des salariés se sont inquiétés de la façon dont s’était déroulée la décontamination, et des conséquence que cela pouvait avoir…
C’est donc mi-août que nous, membres de CHS-CT appartenant à la CGT du CHU de NANTES, avons appris les problèmes de la Réa.
Car non seulement, il y a eu contamination , mais, il est apparu qu’un accident grave concernant un salarié avait aussi été passé sous silence.
INACCEPTABLE !
Nous avons donc immédiatement demandé la tenue d’un CHS-CT extraordinaire…. qui aurait dû être convoqué par la direction, dès la connaissance de la contamination, donc …4 mois plus tôt !
LE CHS-CT A DONC ETE REUNI LE 8 SEPTEMBRE 2006 !
Sur la contamination : il s’agit d’un acinétobacter baumanii, germe connu par les spécialistes pour sa multi-résistance aux antibiotiques, et responsable d’infections nosocomiales dans les services accueillant des patients fragilisés. En mars 2006, un patient du CHU de Poitiers est mort de cette contamination.
Au CHU de Nantes, aucun décès en réa n’a été imputé à cette infection.
Mesures : la cellule hygiène a préconisé la mise en place du protocole habituel.
-Lavage rigoureux des mains. Partage du service en 2 secteurs, « propre » et « sale », le personnel n’allant pas de l’un à l’autre.
-Bio-nettoyage rigoureux par détersion(SURFANET) et désinfection(SURFANIOS), 3 fois par jour et 2 fois par équipe.
-Chambres « faites à fond » 2 fois à chaque départ.
-Au bout de 3 semaines environ , après 2 séries de tests négatifs, la cellule hygiène a pu annoncer la fin de l’épidémie début juin. Sur cet aspect de la prise en charge, cadres et médecins ont noté la surcharge de travail…qui n’a nullement été compensée par un renfort en personnel aide-soignant entre autres.
-Les agents : au bout de quelques jours d’application de ce protocole, un agent a connu de graves problèmes de santé, problèmes qui ont rapidement été mis en rapport avec l’utilisation des produits .
Cependant, aucune déclaration d’accident de travail n’a été faite. Notre collègue n’a pas repris le travail, et ce qui a été très choquant lors du CHS-CT, c’est que les médecins ont tenté de se retrancher derrière le secret médical , et de minimiser l’implication des produits dans cet accident. De plus des membres de l’équipe nous ont fait part de réactions cutanées ou ORL pendant cette période, ce qui a été réfuté par l’encadrement et la médecine préventive.
A cette occasion, nous ne pouvons que rappeler l’importance de faire part de problèmes de cet ordre aux médecins du travail, afin qu’ils puissent étudier les relations avec les produits employés.
Le SURFANET est un produit utilisé depuis peu au CHU, et nous nous sommes interrogés sur les risques de l’utilisation au long cours d’un certain nombre de détergents, désinfectants… Il est clair que nous n’avons pas eu de réponse ! Nous n’avons pas eu de précision non plus sur les précautions à prendre(masque, protection oculaire) pour ces produits nouveaux, aux risques méconnus.
ET ÇA CONTINUE ENCORE ET ENCORE…
Le 29 septembre, nous avons appris que le Bloc Opératoire de chirurgie Infantile/Gynécologie était aussi contaminé par l’acinétobacter baumanii, à raison de 6 salles sur 10 !!! Et si début octobre les contrôles sont positifs, il y aura fermeture du bloc opératoire.
Au bloc des Urgences, un champignon a été découvert, une deuxième désinfection est donc nécessaire avant l’ouverture…
A part ça ? tout va très bien….
C’est du moins ce que l’on veut nous faire croire.
Aux dires de la direction, la cellule hygiène assure.
C’est bien là le principal et le plus important !
M-B Taunay, membre du CHS-CT
NB : au moindre doute sur l’hygiène, la sécurité et les conditions de travail, appelez les permanences où vous serez mis en contact avec les membres du CHS-CT. Une visite n’engage à rien, mais peut améliorer les choses ou au moins les faire connaître et essayer de limiter les dégâts.
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