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Combien ça coûte ?
Tout le monde le sait, l’hôpital public est soumis à des réductions budgétaires drastiques. C’est un choix politique. Les budgets hospitaliers votés par les conseils d’administration ne sont pas à la hauteur des besoins. Le CHU de Nantes n’y échappe pas.
Ces réductions de budgets, donc de moyens, ont été aussitôt confirmées et dénoncées par Claude EVIN – Président de la Fédération Hospitalière de France.
La raison est due essentiellement au trou de la Sécurité Sociale. Trou qui va s’amplifier par un déficit de 35 milliards d’euros si l’on se réfère aux propos tenus par Philippe SEGUIN – Président de la Cour des Comptes.
Pourtant, l’argent existe. Dans un pays qui est la 6ème Puissance Economique du monde, force est de constater que les cotisations sociales sont totalement différentes en fonction d’où l’on se situe, du côté salarial ou du côté patronal.
Dernièrement, des cadeaux dignes d’un autre temps ont été donnés à certaines professions médicales afin qu’elles puissent s’acquitter des montants demandés par les assurances privées. Facile en sorte d’offrir ce genre de cadeau puisque c’est la Sécurité Sociale qui est mise à contribution en réglant 50 % des primes d’assurances. C’est donc une fois de plus l’assuré social qui est mis à contribution. C’est le même assuré social qui réglera un euro de plus (2euros au total) lors des visites chez le médecin de ville au motif que les médecins généralistes ont bien suivi les consignes du gouvernement en limitant les prescriptions et arrêts de travail. Sans compter les 18 euros à la charge du patient lorsque l’examen dépasse les 91 euros.
Par centaines, des médicaments ont également été déremboursés alors qu’ils sont utilisés par des millions de patients. Du coup, les cotisations des mutuelles augmentent. Encore une fois, c’est à l’assuré social que l’on s’en prend…
Que dire aussi de l’attitude des patrons des cliniques privées lucratives qui manifestent contre la baisse des tarifs de leurs établissements annoncée par le Ministère de la Santé. C’est donc un chantage sur la prise en charge des patients (assurés sociaux) et donc une preuve supplémentaire que le Privé n’a pas les mêmes missions que le Public. N’oublions pas qu’en 2001, l’Etat avait accordé 1,7 milliards de francs consacrés aux salaires, les salariés n’en ont quasiment pas vu la couleur.
Ce n’est pas la T2A (tarification à l’activité) qui va, contrairement à ce que certains peuvent avancer, contribuer à améliorer le sort de l’Hôpital Public.
AU NIVEAU LOCAL :
Au CHU de Nantes, chacun mesure le manque de budget à commencer par le personnel qui trime au travail et qui est sans cesse appelé à faire des efforts supplémentaires. Le manque d’effectif dans les divers secteurs d’activité est criant. Les divers mouvements de grève à l’initiative de la CGT sont là pour nous le rappeler. A chaque fois que les salariés rencontrent la direction cette dernière n’oublie pas de rappeler que les budgets de l’hôpital sont inférieurs aux besoins… la faute à qui ?
La Sécurité Sociale, principal financeur de l’Hôpital Public, ne devrait-elle pas se cantonner à financer ce qui relève des missions de l’hôpital ? La CGT réclame depuis des décennies l’abolition de la TVA sur les produits nécessaires au fonctionnement de l’hôpital (médicaments, matériels médicaux, etc…) et la suppression de la taxe professionnelle. Cela pèse lourd dans le budget de l’hôpital… comme pèsent lourd également certaines dépenses de l’hôpital qui n’ont rien à voir avec le fonctionnement des missions de l’hôpital public.
C’est le cas notamment des logements de fonction qui sont de plus en plus nombreux au CHU de Nantes. La loi prévoit que certaines personnes (directeurs) peuvent disposer de logements de fonction mais en l’absence de ces derniers, la loi a prévu de leur octroyer une prime de 10 % de leurs salaires. Et bien soit !
Chacun connaît des dépenses inutiles et un véritable inventaire pourrait être dressé. La dernière en date mérite d’être relatée. A l’hôpital G. et R. Laënnec, il était prévu de construire une aire de stationnement pour desservir l’héliSMUR durant les travaux réalisés à l’Hôtel-Dieu. Elle se situe à proximité de l’internat de l’hôpital Laënnec et certains logements de fonction. Suite à cette réalisation, une pétition des internes a été adressée à la direction. Elle demandait de ne pas utiliser cette aire de stationnement au motif que les hélicoptères font du bruit. La direction a pris en compte cette demande et les hélicoptères sont priés d’atterrir comme par le passé… sur l’autre hélistation.
Cette « plaisanterie » a été dénoncée par la CGT du CHU de NANTES lors du Comité d’Hygiène Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) du 29 septembre dernier. Pressé par la CGT, le directeur des travaux et des techniques, Monsieur LUCAS, a révélé le coût de cette réalisation. Il s’élève à 20 000 euros. Réalisation financée une fois de plus par… la Sécurité Sociale !
Nantes, le 2 octobre 2006
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